Une cruche pour l’eau minérale de Saint-Léon avec son histoire


Jacqueline Beaudry Dion et Jean-Pierre Dion           12 nov 2025



Voici une acquisition récente : une cruche en grès salin, à deux anses, de la compagnie d’eau minérale St-Léon. Elle est marquée 4 / ST. LEON / MINERL WATER CO LIMTED / C.E.A. LANGLOIS MANAGER / ST. LEON QUE. Les deux anses étaient requises, compte tenu du poids de la cruche, 30 livres, et de l’eau qui ajoutait au contenant un autre 35 livres…Nos recherches sur l'histoire de cette source d'eau, recherches motivées par la découverte de cette cruche, montrent qu'elle date de la décennie 1890.



L’histoire de cette source d’eau minérale a été brièvement évoquée dans des écrits électroniques récents. On y trouve quelques affirmations douteuses et des conclusions hâtives.


L’acquisition de cette cruche nous incite à recueillir des notes sur  l’histoire de cette source d’eau minérale. Voici quelques corrections et faits nouveaux sur la St. Leon Springs, sur la St. Leon Mineral Water Co, sur C. E. Langlois, manager, et sur la St. Leon Mineral Water Co. Limited, qu’une recherche attentive dans les journaux d’époque nous permet de confirmer. Les notes présentées ici pourraient servir de base à une histoire générale de cette source d’eau minérale et des compagnies associées.

Publicité de l’eau de Saint-Léon, un clin d’œil à ‘''Rebecca au puit’’, qui paraitra dans les journaux dès 1888 et encore en 1907.

  1. St. LEON SPRINGS


La chute d’eau minérale de St-Léon est située sur les bords de la rivière du Loup, à 6 miles de Louiseville.  Cette rivière traverse le comté de Maskinongé pour se jeter dans le Saint-Laurent sur la rive nord du lac Saint-Pierre, à Louiseville, 21 miles environ en amont de Trois-Rivières. On trouve des chutes considérables sur son parcours. (Dictionnaire des Rivières et Lacs de la province de Québec, Dept. Terres et Fôrets, Quebec, 1925).


Le Toronto Star du 11 mai 1905, p. 10, évoque les sources d’eau minérale de St-Léon, qui sont sur le marché depuis 50 ans, faisant ainsi remonter les débuts commerciaux à 1845, environ.


L’annonce ci-dessous, du journal Le Canadien du 20 juin 1845, confirme que les eaux salines de Saint-Léon sont déjà en vente à ce moment à Québec, Montréal et Trois-Rivières (Extrait de la collection numérique BAnQ, fourni par Mario Lussier).

















 

En juillet 1846, on s’apprêtait à recevoir, à la St. Leon Springs, des visiteurs  désireux de bénéficier des vertus médicinales de ses eaux.  John Grant était le locataire de ces lieux, le propriétaire n’est pas identifié dans l’annonce datée du 25 juillet, 1846.






















                     The Montreal Gazette, 29 juillet 1846, p. 2




Les noms des propriétaires des chutes de Saint-Léon apparaissent dans un article substantiel du Montreal Gazette de1846 . Il s’agit de Messieurs Deguise et Gingras, qui entendent bien agrandir l’Hôtel de Saint-Léon pour pouvoir accueillir jusqu’à 200 invités.


Les propriétaires souhaitent lancer à cet effet une souscription publique de 8000 £, en parts de 25 £ .On prévoit construire une nouvelle route de Trois-Rivières à Saint-Léon, ce qui réduirait la distance à 5 lieues…À proximité de la chute d’eau saline de Saint-Léon, on peut visiter deux autres sources d’eau minérale, une gazeuse, l’autre sulfureuse, que possède Modeste Richer, un marchand de Yamachiche.

Montreal Gazette du 23 septembre 1846 (reproduit de La Gazette des Trois-Rivières du 17 septembre)

Il y avait déjà, en 1848 aux chutes St Leon, un hôtel, dirigé par M. Hough, pour y accueillir les visiteurs. Le Montreal Gazette du 15 août 1848, reprenant un texte du Quebec Mercury, relate une visite en ces lieux. Le visiteur avait quitté Québec sur le John Munn et rejoint Trois-Rivières après 5 heures de navigation. Il  avait pris un des  transports quotidiens entre Trois-Rivières et Saint-Léon. De là, il avait rejoint les chutes St-Leon. Le texte vante la nourriture, les vertus de l’eau minérale et les attentions de Mme. Hough, assistée d’un certain M. Gouin. Le clergé catholique et des dignitaires arrivaient lors du départ du visiteur reporter.


La popularité du lieu va s’accélérer à partir de 1850, alors que T. S. Hunt, le réputé chimiste et minéralogiste du laboratoire de la commission géologique de la Province, produit une analyse des eaux de la source St-Léon.  Par ses caractéristiques, elle est comparable aux meilleures sources comme Caxton, Plantagenet, Caledonia. (The Montreal Gazette, 22 février 1850, p. 1).

Annonce publicitaire de la St. Leon Mineral Water Co. Ltd, utilisée dans les journaux en1890 et encore en1893.

Dans une autre visite, rapportée par The Montreal Gazette en date du 9 août 1851, un groupe rend un témoignage favorable aux vertus médicinales de l’eau minérale, que M. Campbell (le propriétaire) recommande d’utiliser soit en la buvant, soit en s’y baignant.

The Montreal Gazette,  12 août 1851, p.2

Au décès de M. George Campbell, le 12 octobre 1858, le journal rappelle qu’il était le propriétaire de la St. Leon Springs.







 


                     Montreal Gazette, 15 octobre 1851, p. 2




Sa veuve Jane Campbell devient la propriétaire.  Elle annonce, en 1860, que l'on peut se procurer,  à Québec, de l’eau minérale de St-Léon au dépot de la Côte de la Montagne et, ce qui est nouveau, à l'Hôtel Mass du quartier St-Jean. Elle en profite pour annoncer l’ouverture imminente du St. Léon House. 
































                             Morning Chronicle, 28 mai, 1860. Extrait de la collection numérique BAnQ,

                                fourni par Mario Lussier.




En 1865, elle mettra en vente la chute avec l’Hôtel et les autres bâtiments. On précise, pour une rare fois, la capacité de la chute qui peut fournir ‘’ one puncheon an hour’’, soit entre 70 et 120 gallons à l’heure! (Montreal Gazette, 24 mars 1865, p. 3)


















Jusqu’en 1880, la place recevait essentiellement une population de gens invalides. La région ne possédait pas de bonnes routes permettant d’attirer un plus large public.


Mais en 1880, la construction de la route de la Rive Nord (North Shore Road) a rendu le lieu plus facilement accessible. Une centaine de visiteurs s’y retrouvent en fin juillet 1880.  M. Gilman, qui était propriétaire des lieux depuis au moins une année, réalise qu’il faudra augmenter la capacité d’accueil .









































                                  The Gazette, 29 juillet 1880, p. 4


 

2. ST. LEON SPRINGS CO


Il y a formation d’une compagnie, la St Leon Springs Co., ayant à sa tête Jas. K. Gilman comme président et gérant. Elle achète en 1882 la St. Leon Springs.  La compagnie vient de procéder à un agrandissement considérable, pouvant accueillir 300 invités à son hôtel (appelé St. Leon Springs House). L’ouverture est prévue pour le 15 juin 1882.

























                              The Gazette, 13 juin 1882, p. 4




Gilman restera à la tête de cette entreprise longtemps florissante jusqu’à ce que des difficultés financières  provoquent la liquidation de la compagnie en fin 1887 ou début 1888. 


Les journaux traitent fréquemment de la St. Leon Springs Co. et des activités de ce lieu estival de villégiature et de guérison : allée de quilles, billard et pool, bagatelle, jeux de carte et danse, tennis sur gazon, croquet, promenade à cheval, en chaloupe, etc.


On y mentionne régulièrement la liste complète des visiteurs provenant de tous les coins de la province, du Canada et de l’est américain, notamment de New York et du Vermont …Le lecteur curieux consultera, par exemple, le Montreal Star du 8 juillet 1884, p. 2 ou celui du 18 juillet 1885, p. 5.



On précise un détail amusant du transport quotidien, en 1883, des visiteurs depuis Louiseville à Saint-Léon : on utilise une diligence dite Concord Coach, tirée par quatre chevaux , le prix par passager étant de 1.00 $ aller-retour !



























Voici justement un récit instructif de 1884 d’un voyageur parti de Montréal, faisant la route en diligence Concorde de Louiseville à Saint-Léon, de son arrivée à l’hôtel St-Léon et des services offerts... En route, le voyageur admire les belles maisons de ferme qui constituent un vrai paradis pour les hommes, dira-t-il, puisque pendant qu'ils fument la pipe sur la véranda, les femmes vont traire les vaches  et faire tous les autres travaux  normalement réservés aux hommes!  L'arrivée  à l'Hôtel est saluée en grande pompe par les visiteurs du lieu.














































                                 Montreal Star, 12 juillet, 1884, p. 5




Le Montreal Star de juin, 1887, fait un brin d’histoire sur les débuts de ce lieu de villégiature. Il y avait, il y a environ 50 ans, une toute petite maison servant d’hôtel (7 x 9 , dit le texte). Il y a 6 ans, Jas. K. Gilman a mis sur pied une compagnie publique avec actions (la St Leon Spring Co., qui aurait été créée, selon ce texte, en 1881). Il y a une curieuse remarque sur le gaz qui s'échappe au dessus de la chute pouvant alimenter un éclairage, mais sans laisser d'odeur. 






























                      Montreal Star, 25 juin 1887, p.5 



En fin 1887, les journaux rapportent les difficultés financières de l’entreprise St. Leon Springs Co., de Jas. K. Gilman et annoncent sa liquidation. On note, à cette occasion, une intervention de C. E. A. Langlois, de la firme Gingras, Langlois et Co., le gérant pour le Dominion de la St. Leon Water Company. M. Langlois tient à préciser que sa firme n’a aucun lien avec la St. Leon Springs Co. 
















              The Gazette, 8 décembre 1887, p. 3


Sur une poursuite de Louis Lamy contre la St. Leon  Springs Co., le liquidateur A. McKay appelle, en février 1888,  des offres d'achat pour l'ensemble des actifs de la compagnie, d'une valeur de 21,500 $, et des équipement pour 11,471 $.  M. McKay ne s'engage pas à accepter la meilleure offre reçue avant le 5 mars 1888. 

























                        Montreal Star, 6 février, 1888, p. 2



Il semble que M. Gilman va personnellement acquérir l'Hôtel  et la source d'eau minérale, pour la saison de 1888. On annonce, en juillet et encore en septembre,  que M. Gilman, qui avait été longtemps le gérant , est maintenant le propriétaire de l'Hôtel et de la chute St-Leon.





















                        The Gazette, 3 juillet 1888, p. 2.















                 The Montreal Star, 3 septembre 1888, p. 1


L'évenement de la journée à l'Hôtel est sans contredit  l'arrivée  de la diligence tirée par quatre chevaux, apportant le courrier  et ses passagers, entassés dans la diligence, ainsi que des plus jeunes juchés sur le toit.  Les visiteurs sur place se réunissent à l'entrée pour saluer joyeusement l'arrivée de la diligence.























                       The Gazette, 27 juillet 1888, p. 2. 





























                       Photo de la collection de Pierre Gagné





L’encanteur A. McKay annonce à nouveau,  et avec force détails,  la  liquidation des avoirs de la St. Leon Springs Co. devant avoir lieu le 20 décembre 1888 à Louiseville. Un prix minimum de 15,000$ doit être offert pour l’ensemble : terrain avec chute, Hôtel et son équipement, bâtiments, voitures, chevaux, harnais…(Montreal Star, 8 décembre, 1888, p. 5). La St. Leon Water Co. va finalement acheter la St. Leon Springs Co.  et c'est l'objet du prochain chapitre. 


Il n'y a plus de trace de l'implication du capitaine Gilman à St-Leon après 1888.  Selon sa notice nécronologique, le Capitaine James K Gilman (1828-1907), natif du canton de Stanstead,  avait d’abord été un associé de son beau-frère, l’Honorable A. T. Foster, dans le commerce des chaussures, puis il avait tenu le Derby Line Hotel (Vermont) avant d’acheter la source St-Leon. ( The Gazette, 17 juin,1907  p.11.

3. ST LEON MINERAL WATER CO / C. E. A. Langlois



Au milieu des années 1880, la vente des eaux minérales de St-Leon s’amplifie et s’organise en divers lieux, Ottawa, Montréal, Québec…


La firme Gingras, Langlois & Co. est, en 1885, agent général pour tout le Dominion de la vente des eaux minérales de Saint-Léon. Elle nomme J. C. Dunn agent des ventes pour la ville d’Ottawa, le comté d’Ottawa et le comté de Russel; son bureau est sur la rue Dalhousie, à Ottawa, (The Ottawa Daily Citizen, 3 juin 1885, p. 2). Gingras, Langlois et Co. nomme aussi E. Massicotte et Frère comme agents pour Montréal, avec bureau au 217, rue Elizabeth. (Montreal Star, 27 mai, 1885, p. 4).

 

On trouve une première référence à la St. Leon Water Co. en juin 1886. Le gérant local de la compagnie, A. Poulin, fait état de deux certificats médicaux sur la qualité et l’efficacité des eaux minérales de St-Léon. Son bureau est au 4 Carré Victoria, Montréal.  















                  Montreal Star, 19 juin 1886, p. 6.


La St. Leon Water Company est explicitement mentionnée dans une annonce de septembre 1886, avec le même gérant, au 4 Carré Victoria, Montréal, qui rappelle que cette eau est en vente à 25 cents le gallon dans toutes les épiceries et pharmacies de votre quartier! (Montreal Star, 29 septembre 1886, p. 4)



On a vu que la St. Leon Springs Co était à vendre en décembre 1888. Hector Caron, natif de St-Léon, marchand général et commerçant à Saint-Léon, est propriétaire de la St Leon Springs Water et de l’Hôtel en avril 1889. 




























            

                          Montreal Star, 18 avril 1889, p. 1


On précise par la suite que les propriétaires sont une compagnie, la St. Leon Mineral Water Co.  , (probalement dirigée par Hector Caron) . Quelques textes utilisent simplement le nom de St. Leon Water Co.
























                       Montreal Star, 1 mai, 1889, p. 1



Le 18 juin 1889, la St Leon Mineral Water Co, avec son gérant C. E. A. Langlois, fait la promotion du sanatorium à la propriété de Saint-Léon. La même compagnie annonce encore ses produits le 22 juin, en relation avec un témoignage de Toronto. 


La St Leon Mineral Water Co. est mentionné dans cette annonce illustrée du St. Leon Springs Hotel. Le nom de C. E. A. Langlois apparait comme gérant general (General Manager), avec bureau au 54 Carré Victoria, Montréal. L’annonce est tirée du Montreal Star du 11 juillet 1889, p. 1.








































Cette compagnie aura une brève existence pour être remplacée, dès 1890, par une société à responsabilité limitée de Toronto, la St. Leon Mineral Water Co. Son histoire forme le chapitre suivant.




4. LA ST. LEON MINERAL WATER CO. LTD


La St. Leon Mineral Water Co est acquise en 1890 par une nouvelle compagnie à responsabilité limitée, formée à Toronto, la St .Leon Mineral Water Co Limited. On prévoit rouvrir l’établissement de Saint-Léon le 1 juin 1890, le Palace Hotel étant désormais géré par M. A. Thomas.





























             Ottawa Daily Citizen, 26 mai 1890, p. 2
































                                       Quelques images publicitaires des journaux des années 1890-1893.



Sur cette magnifique carte postale avec photo en éventail, produite c. 1890, le nom de M. A. Thomas apparait, comme manager de la St. Leon Springs. On peut y voir la fameuse diligence tirée par quatre chevaux, devant l’Hotel. Cet hôtel, illustré aussi dans le médaillon central est situé sur les bords de la rivière du Loup que l’on aperçoit .







































           

                  Collection et photo, Pierre Gagné.



The Globe and Mail, 21 juin 1890, p. 9, nous renseigne sur les prix en vigueur à partir du 1 juillet. Le bureau chef de la compagnie est au 101 ½ King St. West, Toronto, avec une succursale sur la rue Yonge. On vend 3  tickets pour 10 c  pour autant de verres d'eau minérale...



























Les bouteilles et jarres portaient cette étiquette promotionnelle de la St. Leon Mineral Water Co Ltd, vers 1891. On demande de détruire l’étiquette après usage pour éviter la fraude.  Le cercle avec le lion deviendra une marque de commerce protégée, enregistrée le 30 août 1892. Le jeton ci-dessous a pu être utilisé, en 1892 ou peu après, pour l’achat d’un verre de cette eau minérale.





































        The Montreal Star, 17 février 1891, p. 4.



















             Pierre Gagné possède un jeton semblable avec la date de 1890. 

















































                                  Deux bouteilles d'eau  St-Léon de la collection de Mario Lussier , c. 1892.

                                  On distingue bien sur la petite bouteille  les mots Trade Mark. Photo Mario Lussier .




On apprend l'existence de M. Lohmann comme gérant-propriétaire de la succursale de vente montréalaise d'eau minérale St-Léon, à cause d'une poursuite intentée, à tort, contre les détaillants C. Robillard et Co. (The Montreal Star, 29 novembre 1893, p. 4) 


Ce nom de M. Lohmann revient dans une publication de 1894 sur St. Leon. Il gère depuis son ouverture ,il y a six ans, cette succursale de Montréal. Un livre rare de notre collection, Montreal Illustrated / 1894, identifie, en page 197, Lohmann et révèle les noms des officiers de la compagnie à ce moment :  James Good, président, J. F. Eby, vice-président, Hugh Blain, secrétaire et C.E.A. Langlois, gérant général.


  

























                                      Montreal Illustrated 1894, p. 197. Livre de la collection des auteurs.




    5. LE RETOUR DE C. E. A. LANGLOIS


    En 1894, l’Hôtel est sous la gérance nouvelle de C. E. A. Langlois. Le journal The Gazette du 19 juin 1894, p. 2, consacre une colonne entière à la description du trajet vers le Chute, de son environnement charmeur et des activités en ce lieu, sans oublier les repas sous la direction d’un grand chef de cuisine français.



     Le Montreal Star du 22 juin 1895, p. 8, souligne qu’il y a un nouveau propriétaire, Louis Lamy & Co, qui travaille de concert avec C. E. A. Langlois, le gérant de l’Hôtel St-Léon. Lors d'une soirée de fête, E. B. Mann prononce un discours de présentation d'une pipe souvenir à un dignitaire. 


    Le St. Leon Springs Hotel se compare à Saratoga dans une annonce qui paraitra une trentaine de fois en juin et juillet 1897. L'illustration qui accompagne l'annonce rappelle des scènes de la carte postale présentée plus tôt;  M. Martin O'Brien est le locataire et gérant de la place.






































                                          The Gazette, 12 juin 1897, p. 3.  



    L'Hôtel St-Léon est vendu à nouveau, par ordre du shérif en 1899. C'est M. A. Thomas, de Toronto, le détenteur de l'hypothèque sur l'Hôtel , qui en fait l'acquisition.














                        The Montreal Star, 22 décembre 1899, p. 7




    D. D. Mann, de la firme Mackenzie & Mann, devient, à son tour, le propriétaire des chutes et de l’hôtel St-Leon (The Moncton Transcript, 21 juillet 1905, p. 8)

     

    Le Montreal Star d'octobre 1906 annonce le retour à Montréal de C. E. A. Langlois qui vient de former une compagnie de vente et de distribution de l’eau de Saint-Léon, au 12 rue Craig est. On souligne qu’il était à Québec ces dix dernières années.

























                                    Montreal Star du 17 octobre 1906, p, 18






    C’est à Québec que décède C. E. A. Langlois, asphyxié par le feu dans un entrepôt de la St. Leon Mineral Water qu’il occupait en ce soir du 16 décembre 1908. (The Gazette, 17 décembre 1908).





























                                         

    CONCLUSION


    Motivé par l’acquisition d’une cruche d’eau minérale de la chute St-Léon, et désireux de cerner sa période de fabrication, nous avons approfondi l’histoire de l’hôtel de St-Léon, et des diverses compagnies de vente d’eau minérale de ce lieu qui se sont succédé comme propriétaires.  Les notes présentées ici pourront servir à l'histoire de l’eau minérale de Saint-Leon de 1845 à 1908.


    Il fallait, bien sûr, suivre les activités de C. E. A. Langlois, décrit sur la cruche comme gérant / St. Leon Que.


    Comment ne pas remarquer l'intrigante inscription fautive Minerl Water Co Limtd, le nom d'une compagnie fondée seulement en 1890. Il n’y a pas d’indice que Langlois ait occupé le poste de manager de l’Hôtel St-Léon après 1895. Ainsi la cruche doit dater de la période 1890-1895.

















    Remerciements


    Merci à Mario Lussier qui a mis à notre disposition plusieurs articles de presse et autres mementos de sa collection sur St-Léon, permettant d’enrichir notre présentation. Pierre Gagné a fourni des illustrations de l'Hotel St-Léon et des objets de collection,  nous lui en sommes reconnaissants.